Préparer une paie ou estimer le coût d’un salarié demande de connaître les bons taux. Le tableau des cotisations sociales 2026 regroupe l’ensemble des charges patronales et charges salariales applicables sur le salaire brut, de l’assurance maladie à la retraite complémentaire. Voici les chiffres à jour pour vérifier vos calculs.
Tableau récapitulatif des taux de cotisations sociales 2026
Avant d’entrer dans le détail de chaque cotisation, voici une synthèse des taux les plus utilisés en paie. Ces valeurs s’appliquent sur l’assiette des cotisations, qui correspond en général au salaire brut, avec des plafonds spécifiques selon les cas.
| Cotisation | Assiette | Taux employeur | Taux salarié |
|---|---|---|---|
| Assurance maladie | Salaire brut total | 7 % ou 13 % | 0 % |
| Assurance vieillesse plafonnée | Dans la limite du PASS | 8,55 % | 6,90 % |
| Assurance vieillesse déplafonnée | Salaire brut total | 2,11 % | 0,40 % |
| Allocations familiales | Salaire brut total | 3,45 % ou 5,25 % | 0 % |
| CSG déductible et non déductible | 98,25 % du brut | – | 9,20 % |
| CRDS | 98,25 % du brut | – | 0,50 % |
| Cotisation chômage | Dans la limite de 4 PASS | 4,05 % | 0 % |
| AGIRC-ARRCO tranche 1 | Dans la limite du PASS | 4,72 % | 3,15 % |
| CEG tranche 1 | Dans la limite du PASS | 1,29 % | 0,86 % |
Ce tableau donne une base pour vérifier un bulletin de paie, mais chaque taux mérite une explication pour comprendre à quoi correspond son assiette et ses limites.
Cotisations de Sécurité sociale (URSSAF) : maladie, vieillesse, allocations familiales
Les cotisations versées à l’URSSAF financent l’assurance maladie, l’assurance vieillesse et les allocations familiales. La cotisation maladie-maternité-invalidité-décès est intégralement à la charge de l’employeur : elle atteint 13 % en taux plein, ramené à 7 % pour les rémunérations n’excédant pas 2,25 fois le SMIC.
L’assurance vieillesse se décompose en deux parts. La part plafonnée, limitée au montant du PASS, est facturée à 8,55 % pour l’employeur et 6,90 % pour le salarié. La part déplafonnée, calculée sur l’intégralité du salaire brut, représente 2,11 % côté employeur et 0,40 % côté salarié.
Les allocations familiales restent à la charge exclusive de l’employeur, avec un taux réduit de 3,45 % pour les salaires n’excédant pas 3,5 fois le PASS, et un taux plein de 5,25 % au-delà de ce seuil.
Cotisations chômage : taux 2026 et dispositif bonus-malus
Les cotisations chômage financent l’assurance chômage et sont intégralement supportées par l’employeur depuis la suppression de la part salariale. Le taux général s’établit à 4,05 % sur les rémunérations plafonnées à quatre fois le PASS.
Le mécanisme de bonus-malus module ce taux pour les entreprises de plus de onze salariés dans certains secteurs marqués par un recours élevé aux contrats courts. Selon le taux de séparation constaté, la cotisation peut varier entre 3 % et 5,05 %, ce qui incite à limiter les fins de contrat répétées.
Retraite complémentaire AGIRC-ARRCO : taux et contributions d’équilibre
La retraite complémentaire relève du régime AGIRC-ARRCO, applicable à l’ensemble des salariés du privé, cadres et non-cadres. Sur la tranche 1, limitée au PASS, le taux contractuel s’élève à 7,87 %, réparti à 4,72 % pour l’employeur et 3,15 % pour le salarié.
S’y ajoute la contribution d’équilibre général (CEG), fixée à 2,15 % sur la tranche 1, dont 1,29 % à la charge de l’employeur et 0,86 % à la charge du salarié. Une contribution d’équilibre technique (CET) de 0,35 % s’applique en plus pour les rémunérations dépassant le PASS.
CSG et CRDS : taux, assiette et répartition
La CSG et la CRDS ne se calculent pas sur le salaire brut intégral mais sur 98,25 % de celui-ci, ce qui constitue une abattement forfaitaire pour frais professionnels. La CSG totale atteint 9,20 %, répartie entre une part déductible de l’impôt sur le revenu et une part non déductible. La CRDS complète l’ensemble avec un taux de 0,50 %, non déductible.
Le plafond de Sécurité sociale (PASS) et son rôle dans le calcul
Le plafond de Sécurité sociale, ou PASS, sert de référence pour de nombreuses cotisations plafonnées. Il s’établit à 48 060 euros par an, soit 4 005 euros par mois. Ce montant conditionne directement le calcul de la vieillesse plafonnée, de la tranche 1 de retraite complémentaire et du seuil des allocations familiales à taux réduit.
Sur ce salaire, la vieillesse plafonnée coûte 213,75 € à l’employeur et 172,50 € au salarié. La CSG-CRDS représente environ 238 € prélevés sur le salarié. En cumulant l’ensemble des lignes du tableau, les charges patronales avoisinent 42 % du brut, tandis que les charges salariales tournent autour de 22 %, hors mutuelle et prévoyance.
Autres cotisations obligatoires : formation, apprentissage, FNAL, dialogue social
Plusieurs contributions annexes complètent le tableau des cotisations sociales 2026. La contribution à la formation professionnelle s’élève à 1 % de la masse salariale pour les entreprises de onze salariés et plus, contre 0,55 % en deçà de ce seuil. La taxe d’apprentissage représente 0,68 % de la masse salariale brute annuelle.
Le FNAL, contribution au fonds national d’aide au logement, varie selon la taille de l’entreprise : 0,10 % pour les structures de moins de cinquante salariés, 0,50 % au-delà. La contribution au dialogue social complète l’ensemble avec un taux de 0,016 % appliqué sur la même assiette que les cotisations de Sécurité sociale.
Réduction générale des cotisations patronales 2026 (ex-Réduction Fillon)
La réduction générale des cotisations patronales allège le coût du travail pour les salaires proches du SMIC. Ce dispositif, qui a fusionné plusieurs allègements dont l’ancienne réduction Fillon, s’applique de façon dégressive jusqu’à environ 1,6 fois le SMIC et peut annuler quasiment toutes les cotisations patronales de Sécurité sociale sur les bas salaires.
Le calcul repose sur un coefficient qui tient compte de la rémunération annuelle brute et du PASS. Plus le salaire s’approche du SMIC, plus la réduction est significative, ce qui explique son intégration systématique dans les logiciels de paie via la DSN.
Prévoyance cadres, mutuelle obligatoire et versement mobilité
Les cadres bénéficient d’une garantie de prévoyance financée par une cotisation patronale minimale de 1,50 % sur la tranche 1 du salaire, destinée à couvrir les risques de décès et d’invalidité. Cette obligation découle des accords de branche et reste indépendante du régime AGIRC-ARRCO.
La mutuelle obligatoire impose à l’employeur de financer au moins 50 % de la cotisation d’un contrat collectif de complémentaire santé, le reste étant à la charge du salarié. Enfin, le versement mobilité, ex-versement transport, concerne les entreprises situées dans un périmètre de transport organisé et dont l’effectif dépasse onze salariés, avec un taux fixé localement par l’autorité organisatrice, généralement compris entre 0,55 % et 2,95 % selon la zone géographique.
Vérifier ces taux avant chaque campagne de paie évite les erreurs de calcul et sécurise la déclaration sociale nominative transmise à l’administration.