Le gérant majoritaire d’une SARL ou d’une EURL n’est pas affilié au même régime que ses salariés. Il relève de la Sécurité sociale des indépendants (SSI, l’ancien RSI), parce qu’il a le statut de travailleur non salarié (TNS). Cette particularité change le calcul des cotisations, la façon dont on valide ses trimestres et le niveau de pension à l’arrivée.
Gérant majoritaire : un régime de retraite distinct selon le statut TNS
Concrètement, le régime de retraite spécifique aux gérants majoritaires est celui des indépendants. Depuis la disparition du RSI en 2018, il est intégré au régime général, mais il garde ses propres règles. L’URSSAF collecte les cotisations sociales, et l’Assurance retraite verse la pension de base. La retraite complémentaire obligatoire est gérée au sein de la SSI, et elle fonctionne par points.
Est considéré comme gérant majoritaire le dirigeant qui détient, seul ou avec son conjoint, son partenaire de Pacs et ses enfants mineurs, plus de 50 % des parts sociales. En cas de cogérance, on additionne les parts de tous les cogérants. Le statut concerne le gérant majoritaire de SARL, mais aussi l’associé unique gérant d’une EURL et le régime fiscal de son gérant soumise à l’impôt sur les sociétés.
Réponse express : SSI, pas régime général
Gérant majoritaire = TNS = affiliation à la SSI pour la retraite de base et la retraite complémentaire. Le gérant minoritaire ou égalitaire, lui, est assimilé salarié et reste au régime général.
Le fonctionnement de la retraite sous le régime SSI
La pension d’un indépendant se compose de deux étages. Le premier est la retraite de base, dont le calcul ressemble à celui des salariés : un taux, un revenu annuel moyen sur les meilleures années et une durée d’assurance. Le second est la retraite complémentaire, qui s’acquiert sous forme de points proportionnels aux cotisations versées.
Cotisations et assiette de calcul
Les cotisations du gérant majoritaire se calculent sur sa rémunération nette de cotisations, augmentée de certaines sommes comme les dividendes qui dépassent un seuil que l’on détaille plus bas. Cette assiette de cotisation est appelée revenu professionnel. Il se distingue du salaire brut des salariés, car les cotisations s’ajoutent à la rémunération versée au lieu de s’en déduire.
Pour la retraite de base, le taux de cotisation tourne autour de 17,75 % du revenu jusqu’au plafond annuel de la Sécurité sociale, complété par une cotisation de moins d’un point sur la totalité du revenu. Pour la retraite complémentaire, le taux se situe entre 7 et 9 % selon la tranche de revenu. Ces taux évoluent régulièrement, et il vaut mieux consulter le tableau des cotisations sociales 2026 pour connaître les barèmes en vigueur.
Au global, les prélèvements sociaux d’un TNS représentent environ 40 à 45 % de sa rémunération nette, tous risques confondus (maladie, famille, retraite, invalidité-décès). Le taux est plus faible que celui d’un assimilé salarié, mais la protection l’est aussi, et c’est surtout sur la retraite que l’écart se ressent.
Validation des trimestres
Un trimestre de retraite de base se valide lorsque le revenu professionnel atteint l’équivalent de 150 heures de SMIC. Pour valider quatre trimestres sur une année, il faut donc un revenu d’environ 600 heures de SMIC, soit à peu près 7 000 € selon l’année. En dessous de ce seuil, on valide moins de trimestres, voire aucun.
Beaucoup de gérants se versent une faible rémunération pour limiter les cotisations, quitte à passer par les dividendes. Cette stratégie fonctionne sur le papier, mais elle fragilise la validation des trimestres et réduit le nombre de points acquis dans le régime complémentaire. Il est donc utile de faire le point sur sa carrière sur le portail de l’Assurance retraite avant de choisir son niveau de rémunération.
Gérant minoritaire vs majoritaire : la différence de régime

La frontière tient à la détention du capital. Dès que le gérant et sa famille proche contrôlent la majorité des parts, il est jugé trop libre dans la direction de l’entreprise pour être assimilé à un salarié. À l’inverse, le gérant minoritaire ou égalitaire est soumis aux décisions collectives des associés, ce qui justifie son rattachement au régime général.
| Critère | Gérant majoritaire | Gérant minoritaire ou égalitaire |
|---|---|---|
| Statut | TNS | Assimilé salarié |
| Régime | SSI (ex-RSI) | Régime général |
| Retraite complémentaire | Points SSI | Points Agirc-Arrco |
| Charges sur la rémunération | Environ 40 à 45 % du net | Environ 65 à 80 % du net |
| Assurance chômage | Non | Non, au titre du mandat social |
Ce tableau montre le compromis : le majoritaire paie moins de cotisations, mais il acquiert une retraite généralement plus modeste, à rémunération égale. Le minoritaire cotise davantage et bénéficie d’une couverture plus proche de celle d’un cadre salarié. La répartition du capital peut d’ailleurs changer en cours de vie sociale, ce qui entraîne un changement de régime.
Dividendes, rachat de trimestres et amélioration de la retraite
Les dividendes occupent une place à part dans la rémunération du gérant majoritaire. La part qui dépasse 10 % du capital social (augmenté des primes d’émission et des sommes versées en compte courant d’associé) est soumise aux cotisations sociales TNS. Elle entre donc dans l’assiette de cotisation, alors que la part inférieure à ce seuil échappe aux cotisations et ne génère aucun droit à la retraite.
Trop de dividendes, au détriment de la rémunération, aboutissent ainsi à moins de trimestres et à moins de points. Le calcul doit comparer le gain immédiat sur les cotisations et la perte de pension future. Un expert-comptable peut simuler plusieurs combinaisons de rémunération et de dividendes selon la situation de l’entreprise.
Plusieurs leviers existent pour compléter sa retraite :
- le plan d’épargne retraite (PER), dont les versements sont déductibles du revenu imposable dans la limite d’un plafond ;
- le rachat de trimestres, utile pour combler des années incomplètes, avec un coût qui augmente avec l’âge ;
- le maintien d’un niveau de rémunération suffisant pour valider quatre trimestres chaque année ;
- la diversification de l’épargne (assurance-vie, immobilier, titres de la société).
Le PER est souvent l’outil le plus adapté pour un gérant majoritaire : il fait baisser l’impôt pendant la vie active et il constitue un capital ou une rente à la retraite. Quant au rachat de trimestres, il s’envisage au cas par cas, après avoir demandé une estimation de ses droits.
Pourquoi anticiper tôt change la pension

La retraite d’un gérant majoritaire dépend directement des choix de rémunération faits pendant la carrière. Il n’y a pas de filet automatique comme dans certaines entreprises salariées : si l’on se verse très peu, on cotise très peu, et la pension reflète exactement ce niveau. Un point régulier avec son comptable, dès les premières années de la société, évite de découvrir des trous de carrière peu avant l’âge de départ.
En pratique, il faut retenir que le gérant majoritaire est rattaché à la SSI et cotise comme un travailleur indépendant, avec une retraite de base et une retraite complémentaire propres à ce régime. Le gérant minoritaire reste au régime général. Entre les deux, la part du capital détenue fait toute la différence, et c’est elle qui détermine à la fois le coût des cotisations et le niveau de la pension future.






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[…] En contrepartie, la protection est plus légère, notamment sur les indemnités journalières et la retraite spécifique des gérants majoritaires, qui diffère de la retraite complémentaire classique. Le gérant minoritaire ou égalitaire est […]